Commerce et artisanat d’autrefois
Levet en Berry
Levet, au début du 20e siècle, regroupait de nombreux ateliers et commerces de couture, tissus, confection et habillement. Cette activité faisait vivre de nombreuses “petites mains” chargées de réaliser des vêtements et travaux à façon, souvent à domicile. Sur la place du village, à droite de la rue principale, avant la rue de l’ancienne gare, se trouvait la boutique de Monsieur et Madame Rochon. Selon le recensement de 1901, Antoine Rochon y est mentionné comme négociant en Rouennerie, ces toiles de coton peintes fabriquées principalement à Rouen et utilisées pour des vêtements robustes destinés aux ouvriers et aux paysans.
Madame Anne Rochon, son épouse, tenait un atelier de couture attenant à la boutique, sur le chemin menant à la gare. Leur fils Camille travaillait déjà avec eux en 1920 comme employé de commerce. Il reprit ensuite l’affaire familiale et rebaptisa le magasin sous l’enseigne “Au Travailleur Camille Rochon”, apposée sur les façades de la rue Nationale et de la rue de la Gare.
La génération suivante poursuivit l’activité. Robert, le fils de Camille, prit la suite du magasin avec son épouse Alice. Robert assurait également un service ambulant, tandis qu’Alice gérait la boutique. À la mort de son mari en 1920, elle continua seule à tenir l’établissement. La boutique était alors très fréquentée par les habitants de Levet, proposant notamment des articles recherchés tels que des jeans américains d’une marque réputée.
Dans les années 1960, Madame Alice Rochon apparaissait toujours à l’entrée de la boutique, poursuivant la tradition familiale au cœur du village. Le quartier autour du commerce était animé dès les années 1900 : tissus-confection, boutique Tuelin, hôtel de l’Étoile, boucherie-charcuterie, boutique Pasquet et, à l’angle, une mercerie-bazar. À cette époque, calèches et véhicules hippomobiles circulaient encore dans la rue dans une parfaite harmonie avec l’activité commerciale.